Comment le cœur est-il devenu le symbole de l’amour?

C’est la Saint Valentin et partout des cœurs colonisent les vitrines, envahissent les objets du quotidien, réinterprètent les desserts…. et bien sûr se déclinent en bijoux. Mais d’où vient cette forme si spécifique du cœur et pourquoi est-il censé être le siège de l’amour ?

Ici, Cadar nous propose des cœurs en veux-tu en voilà avec sa collection Endless, avec toujours cette approche technique (spécifique à l’ADN de la marque) dans le mouvement des pièces : les cœurs de la bague cocktail se tournent comme les pages du livre que l’on se promet d’écrire à deux à cette occasion du cadeau de Saint Valentin.

Le mot kord est la racine indo-européenne du mot cœur qui désigne à la fois la notion de centre, de sentiments et d’intelligence. C’est-à-dire qu’on pense et on ressent dans un cœur qui se situerait au milieu du corps… vers le nombril !

Transformé en cor,cordis en Latin, il signifie alors « siège de l’intelligence et de la mémoire, des sentiments et de la volonté ». cette conception va évoluer. Par exemple, quand Corneille dans le Cid (1637) demande par la bouche de Don Diègue: « Rodrigue as-tu du cœur ? », il lui demande en fait s’il a des corones, pardon du courage ! 

Retournons à l’antiquité : le cœur donc, centre des sentiments est traditionnellement matérialisé par une feuille de lierre. La plante restant verte en hiver comme été, est donc chargée d’incarner l’amour durable.

 Ce n’est pas l’acception retenue par Boucheron lors de la présentation à la Fashion Week de la collection Nature Triomphante qui est justement représentée par des lierres. Mais à y repenser les feuilles, très naturalistes, montées sur trembleuses pour ce magnifique collier point d’interrogation évoqueraient bien un cœur qui bat !

Des grecs aux romains, le dessin du cœur-lierre se stylise et commence à ressembler à la forme aujourd’hui communément admise.

On voit bien apparaitre dans cette Couronne de feuilles de lierre et corymbes en or (Troisième quart du IVe s. av. J.-C. – Apollonia – Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund) le symbole familier du cœur stylisé.

Au Moyen Age, deux représentations sont utilisées. L’une est réaliste et est peu à peu supplantée par la symbolique inspirée de l’antiquité. D’autant que le dessin anatomique est rendu difficile par l’Eglise qui interdit les autopsies.

La légende du « coeur inscrit » désigne un miracle attribué notamment à saint Ignace d’Antioche qui se désignait comme « Théophore ou Christophore » c’est-à-dire portant le Christ dans sa poitrine. Lorsqu’après sa mort l’empereur fit extraire le coeur de saint Ignace, il y trouva inscrit en lettres d’or le nom de Jésus Christ.

Le cœur se disait alors Cuer comme la collection de de Grisogono.

Au XIIe siècle, nait la légende du cœur mangé qui met en scène un triangle amoureux : à la fin l’amant se fait toujours tuer et, par ruse, le mari fait manger le cœur du défunt amant à sa femme. Chaque version contient plusieurs variantes comme les prénoms et les décors.

Toutes les histoires sont différentes car elles ont été écrites entre le Moyen Âge et le XIXe siècle plusieurs versions se succèdent : le Lai de Guiron dans le roman de Tristan et Iseut, l’Histoire de Guillem de Cabestany repris notamment par Stendhal, Le lai d’Ignauré de Renaut de Beaujeu (XIIIes), Le Roman du Châtelain de Coucy et de la dame de Fayel, le Décaméron de Boccace (1350), les Mémoires de la cour d’Espagne de Marie-Catherine d’Aulnoy (1690), «Le cœur mangé » de Jean-Pierre Camus, théologien, dans les Spectacles d’horreur (1630), La vengeance d’une femme publiée dans un recueil de nouvelles : Les Diaboliques par Jules Barbey d’Aurevilly (1874). Pour cette légende la représentation du cœur est stylisée.

En 1447, le livre du cœur d’Amour épris, écrit par le roi René d’Anjou et illustré par les miniatures attribuées Barthélemy d’Eyck, raconte Amour donnant à Désir le cœur du roi malade : un cœur très stylisé.

Il paraitrait que même, Léonard de Vinci utilisait d’ailleurs parfois le symbole sur ses schémas du corps humain en lieu et place d’une illustration réelle du cœur,

lorsqu’il voulait simplement en afficher l’emplacement.

Cependant il a aussi fait des recherches précises sur cet organe comme on le voit dans ce dessin « Cœur et vaisseaux » vers 1490.

Car il estime, comme beaucoup de peintre de la Renaissance, que la représentation de la figure humaine est un des objets essentiels de l’art et à la différence des autres il se moque souvent des interdits de l’Eglise.

A toutes ces représentations de l’amour se superpose celle du Sacré-Cœur.

Elle a pour origine le cœur transpersé sur la Croix qui donne la qualité divine au cœur de Jésus. Cette dévotion se propage grâce à, sainte Marguerite Marie, religieuse de la Visitation (1646-1690) qui dessine le cœur que lui a montré le christ dans une vision.

Cette initiative va fixer la représentation du Sacré-Cœur qui sera reprise dans la joaillerie épiscopale ou chrétienne.

Broche cœur anatomique flamboyant, vers 1895 Archives Mellerio.

Important Ex-Voto en forme de Sacré-Coeur de Jésus en or gravé de volutes et de fleurs.

Il est surmonté d’une flamme sertie de rubis taillés à degrés d’une branche de lys sertie de diamants et porte sur la face

un bouquet de marguerites serties de diamants (TA). Il s’ouvre au revers et porte la date 1954 et l’inscription « en filiale dévotion en l’année du Jubilée ». Travail espagnol ou sud américain du milieu du XXème siècle. Tajan 2014.

L’Amour romantique est la dernière forme de légende dont on aime à se souvenir à la Saint Valentin. Cet amour est idéalisé, « un seul être vous manque et tout est dépeuplé », passionné, exalté, quelque fois excessif. Il mérite donc des cœurs, à profusion. Comme ces cœurs de Verdura, inspiré des bijoux des modèles de 1941.

Ou encore cette balade romantique en Italie de Chopard :

L’amour peut mener à cette occasion à un lien plus durable comme le mariage. Une déclaration s’impose et donc une bague de fiançailles. On se régale de ces dessins qui nous montrent des variétés de coeurs, des Archives Mellerio (1900-1910).

Pendant que Bulgari affirme en video : The only answer is yes.

Sinon on peut aussi s’offrir son petit coeur à soi, pour soi, comme les bagues « cœur » contemporaines d’Amélie Viaene :

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