Dernier jour pour le BIJORHCA 2017

Ma première rencontre avec le BIJORHCA s’est faite par l’intermédiaire d’Alexis Lahellec chez qui j’étais en stage au service de presse et donc assignée à la tenue du stand. On apprenait alors que la dénomination bizarre de ce salon était la contraction de BIjouterie JOaillerie Horlogerie et Cadeau. Aujourd’hui, BIJORHCA PARIS signe « The international Jewellery Show ».

On a tout dit de ce salon. Et il est toujours là. Depuis 1936. Bien sûr il a évolué, muté par un processus naturel d’adaptation au temps, ou de force, pour survivre aux marchés. Il reste l’unique salon international professionnel dédié, en France, à la filière bijou et permet aux créateurs et acheteurs de se rencontrer deux fois par an (12 000 acheteurs de 85 nationalités, plus de 350 marques exposées 55% d’exposants étrangers de plus de 30 pays différents).

A l’époque de mes études, mon maître de stage, Alexis Lahellec interpellait par une nouvelle collections synergiques en papier mâché, « Psikinikidilik » pour bijoux (et mobilier) et poursuivait, en pièces numérotées sa collection iconique de bijoux en plastique chromé « Batteries de cuisine ».

Aujourd’hui, Philippe Ferrandis célèbre « 30 ans de démesure » en créant sur BIJORHCA PARIS un espace dédié, rétrospective de ses célèbres pièces spectaculaires, de dédicaces de ses fans, artistes de cinéma et de la musique (Carole Bouquet y annonce « j’aime l’excès ») et rappelle que sa signature « parurier à Paris » lui vient d’une remarque de François Lesage artiste et brodeur de talent. Car ce créateur ne veut se définir ni comme joaillier, ni comme simple créateur de bijoux fantaisie.

Ce parti pris est aussi celui du positionnement du Bijorhca : la question de la place du bijou. Car si le bijou est considéré comme un accessoire, il suit la Mode et se retrouve aux salons Who’s Next et Première Classe. Si le bijou est un essentiel, il mérite un salon qui lui est propre : le Bijorhca. En cela, BIJORHCA PARIS est le digne héritier de tous ceux qui l’ont précédé et qui ont mis le bijou au cœur même de leur essence. Bien sûr, on peut regretter que la joaillerie ait une part grignotée. Bien sûr, on peut ergoter sur la qualité créative de telle ou telle marque, et d’ailleurs la créativité a-t-elle des critères indiscutablement définis et reconnus universellement ? Chacun peut y trouver provende.


Ce salon est d’abord professionnel. Les programmes des conférences organisées et animées par Carine Loeillet, journaliste et consultante spécialisée en bijouterie, joaillerie et horlogerie, est définitivement orientés pour les professionnels et sur les 2 niveaux autour des thèmes : web & réseaux sociaux, tendances et création, business/point de vente, la sécurité et les assurances, les pierres précieuses.

Pour mon plus grand plaisir j’ai pu assister à la conférence « L’émeraude de Colombie : de Muzo à la place Vendôme » par Jacques David, négociant en pierres précieuses et romancier. Conférence suivie d’une séance de dédicaces de ses ouvrages « Les jardins d’émeraudes » publié chez HugoRoman en 2007 et « Padparadscha » aux éditions Jet d’Encre en juin 2017.

Les Pavillons Brésiliens et mauriciens soutiennent concrètement la recherche commerciale de leurs créateurs. Une journée est dédiée aux visiteurs HBJO, un programme Top Acheteur facilite le business. Et l’objet des cahiers de tendances du cabinet d’Elisabeth Leriche est bien de guider les acheteurs et distributeurs. Ces efforts montrent bien la difficulté du secteur à attirer les grands acheteurs.

Parce que par ailleurs l’esprit créatif est bien présent.

Des créateurs qui m’ont interpellé et dont j’espère vous reparler d’ici peu, j’apprécie (depuis 3 ans) les bijoux en argent et quelquefois en or de la créatrice Belge Chris Alexxa dont les collections sont chacune inspirée par un ADN botanique.

La marque toulousaine Infinie M a créé une bague qui par son système original et 2 fois breveté permet de s’adapter à toutes les tailles de doigts et de changer le calibre de la perle centrale par simple pression. Aussi propose-t-elle une infinité de sphères : en verre, en pierres fines, en perles Akoya ou même pavée de diamants pour la spectaculaire collection Bilboquet.

Laura Volpi Gioielli, Made in Italy, m’a interpellé par sa nouvelle gamme de bijoux argent La Bella E La Bestia qui monte des pierres brutes sur de l’argent passé à l’acide et dont les formes organiques épouses les concrétions pour en souligner l’étrange élégance.

La marque française Nativee a travaillé le bola (aux origines balinaises) comme LE bijou des futures mamans en le déclinant en matières précieuses, ou en cage, avec les liens Liberty ou de cuir, en y ajoutant des charms et même en résines pour des couleurs vives ou tendres.

DelTempels nous vient d’Ibiza et de la rencontre entre une comédienne Belge et un décorateur de cinéma espagnol. Le résultat est une joaillerie qui exploite la granulation directement incrustée de diamants ou de pierres précieuses qui écument comme une vague les bords des sculpturales manchettes, pièces favorites, de la créatrice. Les détails sont particulièrement soignés comme ma pièce favorite, une chevalière appelée Riu or jaune, diamant central de 0,20 cts et 12 petits diamants pavés en ligne, 3+1 sur les côtés, poli miroir à l’intérieur de l’anneau et matifié à la pointe de diamant par ailleurs.

Enfin, je me suis arrêtée devant Thomas.V, marque française dont la liberté de création offre des pièces toujours surprenantes par leur recherche de forme bien sûr (il y a eu le bestiaire façon origami avec coexistence de matériaux, les têtes de mort Mickey, les bagues griffes démesurées,…) mais aussi par leur défi technique. Il présente ici des bagues avec onyx dont la gravure au laser est parfaitement fine pour un dessin aérien et profonde juste ce qu’il faut pour marquer la pierre sans aller jusqu’à l’intaille. Ainsi que des bagues qui tournent recto-verso par un système durable et simple donc infiniment travaillé.

Il reste 1 seul jour pour découvrir ces créateurs et le BIJORHCA PARIS 2017 au Parc des Exposaitions Porte de Versailles, le prochain sera en 2018 et aura 82 ans ! Une longévité exceptionnelle pour un salon.

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