Daniel Bush à l’École des Arts Joailliers : Cuffs and Necks, 13-31 octobre 2017

Il a une « gueule » -comme on dit en France- burinée, architecturée comme les pièces de métal que façonne cet homme fin et sec, impressionnant par la vitalité fiévreuse et la force sous-jacente qui se dégage de lui.

De même, quand il s’impose de répondre aux journalistes il reste à demi assis ou plutôt à demi étendu, bref dans une position qui n’est propre qu’à lui, d’immobilisme en mouvement.

L’Exposition s’appelle « Necks » parce que L’École des Arts Joailliers, expose les quelques-uns des 117 colliers de chien que Daniel Bush a créé en 4 ans. Colliers ajustés au cou du même mannequin pendant toutes ces années.

Ces pièces démontrent sa fabuleuse maîtrise des techniques de travail du métal : le repoussé, la ciselure, le martelage, la gravure, la granulation.

D’autant qu’il a choisi de travailler un acier extrêmement dur, qu’il lui prend parfois fantaisie de sertir de diamants.

Mais pour lui, l’objectif de ces années de travail et cette centaine de bijoux réalisés n’est pas l’objet de l’œuvre.

Car le bijou c’est ce livre, qui expose l’une après l’autre les pièces joaillières réalisées et photographiées. Un livre dans un cartonnage nu, à la couverture immaculée, sans même le nom de l’artiste. Ce livre blanc devient une extrapolation d’artiste du « guide consacré à un produit, une problématique ou une technique » qui est la définition du « livre blanc » marketing ou institutionnel.

L’exposition s’appelle aussi « Cuffs » car L’École des Arts Joailliers présente l’intégralité des 72 manchettes en acier que Daniel Brush a réalisé en même temps que ses colliers de chien et qui montre la diversité de ses inspirations : animalière, humoristique, calligraphique, architecturale,…

Par ailleurs, trois broches « Coquelicot », aimantées, en acier serties de diamants permettent la transition entre le bijou et l’orfèvrerie dont 3 pièces significatives sont exposées.

La Boîte 2e Dôme est caractéristique par le travail de granulation de l’or qui la recouvre. Cette technique datant de l’Antiquité est extrêmement délicate à réaliser et signe une maîtrise parfaite assortie d’une volonté sans faille de perfection (l’artiste a façonné lui-même chacune des microbilles qui recouvrent l’objet puis les a soudées l’une après l’autre).

La Boîte aux dix papillons surprend par son concept. Elle souligne le goût de l’artiste pour les boites et bien sûr le travail du métal. Sa forme, inhabituelle pour une boîte, étonne tout comme les dix papillons, en or, sertis et aimantés afin de pouvoir changer leur position et ainsi faire évoluer le rapport à l’objet.

L’Objet pour le Cabinet de l’Érudit montre une face en or incrustée sur l’acier avec la même technique que celle usitée par les dentistes pour réaliser les dents en or. Cet objet est en lui-même un concept, une beauté, ce qui constitue le but du travail de l’artiste.

Inclassable : c’est comme cela qu’Olivia définit le Daniel Bush qui partage sa vie depuis le Carnegie Institute of Technology où ils se sont rencontrés lors de leurs études d’art. Et elle aime que l’on ne puisse le cataloguer.

Aussi l’exposition montre-t-elle également quelques peintures. Pour l’artiste, ce sont les témoins de sa vie car chaque jour il trace une ligne et c’est cette juxtaposition de tracés qui donne un effet moiré : un « électrocardiogramme » de l’âme de l’artiste.

Daniel Bush s’expose peu et pour la première fois en France.

A découvrir à L’École des Arts Joailliers.

Du 13 au 31 octobre 2017, du lundi au samedi 14h-19h

31, rue Danielle Casanova 75001 Paris.

www.lecolevancleefarpels.com

Accès libre.

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