La Joaillerie par Mazlo : enlumine le Parcours Bijoux

Pour ce Parcours Bijoux 2017, La Joaillerie par Mazlo a choisi de créer une exposition sur le thème « Triptyque : la vie, l’amour, la mort » faisant ainsi du Parcours Bijoux 2017 un parcours de vie.

J’ai été particulièrement touchée par l’œuvre de Zoé Arnold qui a vécu intimement ce chemin puisqu’en même temps qu’elle concevait ce triptyque, elle s’est mariée, a engendré et vécu la mort de son grand-père,

En association avec AKETIP, elle considère le bijou comme un marqueur de temps, un véhicule de mythe, un symbole public ou intime.

A priori, on ne voit qu’une boite avec 3 pendentifs d’aspects bruts. Puis la subtilité des détails, la symbolique de chaque élément m’ont fasciné.

Le premier bijou, pour illustrer la vie, est un losange. Dans la symbolique traditionnelle indo-européenne, le losange est un symbole féminin. Il représente le sein ou la matrice maternelle, la vie, le passage, l’échange, le partage. Il désigne un contenu que l’on veut protéger, et inspire la notion de cycle, il est interprété comme un symbole de fécondité et souvent utilisé dans les représentations magiques.

En argent, ce losange représente le pôle féminin et par extension, la transparence, le psychisme, l’âme et le monde intérieur, en rapport avec la Lune. Il appartient à la chaîne symbolique lune-eau-principe féminin.

Un ovale en or (qui symboliquement est principe actif, mâle, solaire, diurne et chaud) se niche au creux du losange.

Le centre et les extrémités de la forme se parent de nacre, « mother of pearl » en anglais, anciens jetons de jeu qui soulignent le hasard des naissances…

Il repose sur le dessin d’une porte, l’ouverture à toutes les imaginaires, d’une vie intime et familiale préservée.

Le pendentif de l’amour est un rectangle qui symbolise la terre, l’humain et  la perfection. Il est solide et stable. Il reflète des idées ou actions structurées, organisées et véhicule la notion d’entreprise, de fabrication humaine et de sérieux. Comme il est vertical il représente le dynamisme et la spontanéité.

Au dessus, dans un ovale féminin, se superpose une photo de femme, ancienne qui évoque ainsi la transmission. Cette image est protégée par un verre sur lequel est gravé un arbre. C’est un symbole très fort que l’arbre : il est l’axe du monde, la flamme de vie, le pont du ciel, l’image de l’éternelle vigueur. Verticalité, il est le lieu sacré où le ciel s’enracine à la terre, il est la vie en perpétuelle évolution. Le déroulement de son cycle annuel l’associe tout naturellement à la succession de la vie, de la mort et de la renaissance.

L’arbre est un symbole extraordinaire pour représenter la croissance et le développement progressif sur les plans physique, émotionnel, mental et spirituel, comme l’amour.

Et comme lui, il commence par une petite graine pour devenir un être grand, fort, solide et droit. Il produit d’autres graines, symboliquement d’autres enfants.

C’est également sur une gravure d’arbre que repose ce pendentif. Aux points cardinaux se trouvent des corindons malgaches bruts, des rubis symboles de vitalité, d’énergie, mais aussi de royauté, de puissance et de passion amoureuse.

Le pendentif qui représente la mort est en argent. On retrouve le losange qui tient en son cœur l’ovale d’argent et de zinc martelé.

Le zinc est l’un des premiers rangs de la hiérarchie des oligoéléments tant son importance apparaît vitale au sein de l’organisme. Stocké dans le foie, le pancréas, la prostate (chez l’homme) et les glandes surrénales, le zinc est un co-facteur enzymatique majeur qui entre dans la composition de plus de 100 enzymes différents. Par exemple il est l’agent clé de l’enzyme Super Oxyde Dismutase qui a des propriétés anti-oxydantes indispensables pour freiner les maladies dégénératives liées au vieillissement.

Sur ce socle de zinc repose un morceau de jade. Peu de pierre ont autant de symbolique que le jade. Au-delà de la Chine impériale où elle signifie la puissance absolue, elle est reconnue pour élever le niveau de conscience, et être l’incarnation terrestre de principe cosmique mâle (yang).

Elle augmente la durée de vie et favorise la résurrection. Elle accompagne la méditation, aide à l’ouverture de l’âme sur le plan spirituel et procure paix et harmonie au sein des corps physiques, mental, émotionnel et spirituel.

Ce bijou repose sur la représentation d’un porche, l’entrée d’un temple ? une demeure d’éternité…

Ces trois bijoux repose dans une boite, cadre de vie, monogrammée comme une destinée, illustrée d’un paysage dont on a gardé que les vues supérieures de ciel et de ramure, essence spirituelle, dans lequel se range un lacet de coton blanc tressé… le fil de la vie des Parques.

Bien entendu cette exposition est riche d’artistes qui ont chacun illustrés ce triptyque. La vie, l’amour, la mort deviennent ainsi enluminures de la galerie La Joaillerie par Mazlo qui s’effeuille comme un livre d’heures à la mesure du temps humain.

La remarquable Asagi Maeda emboite ses contes immobiles indiscrètement révélés par la transparence des contenants et nous propulse comme voyeurs indiscrets des vies ainsi narrées.

Robin Kranitzky et Kim Overstreet nous dévoilent un temps suspendu comme un cabinet de curiosité en trois phases, rythmé par l’oeil du temps et l’élément liquide (pluie, larme, ruisseau). La pièce centrale se détache et devient broche passant ainsi de l’objet décoratif au bijou.

Barbara Paganin créé des scénarios-tranche de vie en recomposant des objets trouvés et récupérés, révélant ainsi ses propres blessures qui interférent avec les nôtres.

Et bien sûr l’œuvre de Robert Mazlo comporte à la fois un élément créé pour l’exposition. Une boite à secret – de Pandore ? – qui comme la porte des enfers se clôt par l’effort humain et contient le tarot annonçant l’avenir, un boitier de montre rythmant le temps et un bijou de diamant brut gardien d’éternité, humainement encadré ;

Cet objet est le point d’orge d’un travail de trois années qui illustre le voyage d’un homme dans sa vie et son temps. J’ai retenu trois moments. Partir : « heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage » en or, météorite, diamants taillés et brut octaédriques, corail premier sang et perle. Jeunesse insoumise : « panache » en or jaune, rouge et blanc, platine, diamant brut, brillant, diamant taille ancienne et taille rose. Premier chagrin d’amour : « elle avait ravi mon cœur comme on s’empare d’une citadelle » en or, argent et diamant taille cœur.

On citera aussi les œuvres de Lisa et Scott Cylinder, les photographies d’Eric Antoine, le projet 1350°C de Cynthia Ayral et Hector Olguin.

A découvrir jusqu’au 15 novembre 2017.

La Joaillerie Par Mazlo

31 rue Guénédaud 75006 Paris

www.la-joaillerie-par-mazlo.fr

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