« Le Fabuleux destin des diamants de Tavernier » dévoilé par l’École des Arts Joailliers

L’École des Arts Joailliers propose pour commencer 2018 un extraordinaire voyage dans l’histoire joaillière la plus fantastique : ressusciter les diamants, aujourd’hui disparus, achetés par Louis XIV à Jean-Baptiste Tavernier.

Tout d’abord, il est parfaitement inusité de marcher sur les traces de Jean-Baptiste Tavernier, qui se rendit (6 fois !) en Orient, entre 1632 et 1668.

On n’imagine même pas les conditions dans laquelle il a pu visiter les pays aujourd’hui appelés Chypre, Malte, Turquie, Syrie, Irak, Iran, Afghanistan, Pakistan, Inde, Sri Lanka et Indonésie.

En 1676, il publia à Paris par la maison Gervais Clousier, en 2 volumes, « Les six voyages de Jean-Baptiste Tavernier, écuyer baron d’Aubonne, en Turquie, en Perse, et aux Indes, pendant l’espace de quarante ans et par toutes les routes que l’on peut tenir : accompagnés d’observations particulières sur la qualité, la religion, le gouvernement, les coutumes et le commerce de chaque pays, avec les figures, le poids et la valeur des monnaies qui y ont cours ».

Nicolas Boileau décrit ainsi Jean-Baptiste Tavernier :

« De Paris à Delhi, du couchant à l’aurore,

Ce fameux voyageur courut plus d’une fois :

De l’Inde et de l’Hydaspe il fréquenta les rois ;

Et sur les bords du Gange on le révère encore.

En tous lieux sa vertu fut son plus sûr appui ;

Et, bien qu’en nos climats de retour aujourd’hui

En foule à nos yeux il présente

Les plus rares trésors que le soleil enfante,

Il n’a rien rapporté de si rare que lui. »

Louis XIV lui donne le Privilège du Roy pour éditer son ouvrage.

C’était bien le moins car Jean-Baptiste Tavernier lui a ramené en 1668 quelque mille diamants dont vingt se signalent par leur splendeur inouïe.

Car ils viennent d’Inde où règnent les Grands Moghols. Voici qui constitue intrinsèquement un autre univers de rêves joailliers. Ils sont 2 Grands Moghols à être contemporains du règne de Louis XIV et ont donc certainement reçu la visite de Jean-Baptiste Tavernier.

Shâh Jahân (ou Roi du Monde), le cinquième empereur moghol régna de 1628 à 1658. Marié à Arjumand Bânu Begam, également connu sous le nom de Mumtaz Mahal (Elue du Palais), c’est pour elle qu’il construira un joyau, architectural cette fois : le mythique Taj Mahal.

Par ailleurs, on se souvient de sa magnifique bague d’archer, révélée au Grand Palais lors de la superbe exposition « Joyaux : des Grands Moghols aux Maharajahs » en 2017.

Aurangzeb (ou Ornement du Trône), le dernier des Grands Moghols, est le souverain de l’Empire moghol de 1658 à 1707.

Aussi, la reconstitution de ces 20 magnifiques diamants des Joyaux de la Couronne permet-t-elle de faire découvrir les tailles indo-moghols du XVIIe siècle aujourd’hui oubliées. Elle montre avec succès le travail partenarial de l’Ecole des Arts Joailliers avec le Muséum National d’Histoire Naturelle (pour la réalisation des répliques des gemmes qui vont être ici dévoilés) et l’Université de Rennes 2 (pour le financement de la thèse de doctorat de Cécile Lugand sur Jean-Baptiste Tavernier).

Disparus entre la révolution française, le vol puis la vente des joyaux de la couronne, les diamants de Louis XIV -dont le plus célèbre est bien sûr le cultissime Diamant bleu- peuvent ainsi se dévoiler à nos yeux émerveillés.

Plusieurs moments pour découvrir ces joyaux :

L’exposition du 23 au 31 janvier

Ecole des Arts joailliers

Entrée libre du lundi au vendredi – 10h-18h

2 conférences

18 janvier : Jean-Baptiste Tavernier,  une vie d’aventures et de diamants au XVIIe siècle

25 janvier : Jean-Baptiste Tavernier, ses trésors redécouverts

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