De Calder à Koons : les bijoux d’artistes visibles jusqu’au 9 septembre

La magnifique exposition de bijoux d’artistes issues de la collection de Diane Venet est prolongée jusqu’au 9 septembre au Musée des Arts Décoratifs. Elle offre une véritable promenade au long des styles artistiques des Surréalistes d’Alexander Calder du début du XXe siècle au Néo-Pop contemporain de Jeff Koons.

Ainsi, c’est 230 pièces qui sont exposées et révèlent à travers les bijoux le travail de 150 artistes français et internationaux.

Ce voyage dans l’histoire de l’art racontée à travers les bijoux est organisé en thématiques : portrait, rêve et fantaisie, métamorphose de la nature, memento mori, la couleur, corps contraint, american way of life… Au-delà de ces parcours scénographiés  par l’architecte d’intérieur Antoine Plazanet et les graphistes ÉricandMarie, l’importance des dimensions de cette exposition incite à créer son propre voyage.

Voici ce que j’ai particulièrement aimé (ce collier de Calder par exemple), n’hésitez pas à y aller pour créer votre propre déambulation artistique).

Tout d’abord l’envie de Diane Venet de créer sa collection (photo de Damien Noskowicz), digne d’une légende : « Ma passion pour le bijou d’art est née le jour où Bernar s’est amusé à enrouler autour de mon annulaire gauche une fine baguette d’argent pour en faire une alliance… Ce geste, attendrissant dans sa spontanéité a eu un autre effet sur moi, celui de me faire découvrir l’univers trop peu connu de ces bijoux d’art uniques, précieux pour leur rareté et leur charge symbolique souvent à l’origine de leur création ».

Elle ouvre ainsi la réflexion sur les signifiants du bijou d’artiste. Porter un bijou est toujours riche de symboles. Choisir un bijou d’artiste contient une émotion transcendée en soulignant la cohérence entre la vision d’un artiste et celui qui porte ainsi son œuvre directement sur son corps : intime appropriation de la vision d’une époque  à travers un artiste qui la magnifie.

Admiratrice de Niki de Saint Phalle, j’ai apprécié le dialogue entre les dessins, bijoux, sculpture et objets décoratifs qui déploit la vision de l’artiste sur son univers.

Les boucles d’oreille de Man Ray sont présentées également portées par Catherine Deneuve sur une photo d’archives ouvrant ainsi une réflexion sur les interactions des divers milieux artistiques.

Le travail de Pol Bury s’explicite à travers ses croquis lesquels donnent une autre dimension à ses bijoux.

De la même façon pour Braque :

Le travail d’Almado Pomodoro est saisissant et c’est une photo qui donne le statut de bijou à sa composition mécaniste.

On comprend l’interprétation de Dali sur le bijou et l’ornement à travers cette œuvre « la veste aux verres » qui souligne les réflexions sur le bijou et son porté.

Les interrelations entre l’être et l’univers se comprennent dans les compositions architecturées ou déstructurées de Bernar Venet, Miguel Chevalier, Pablo Reinoso, Franck Stella.

Le bijou comme une écriture personnelle se voit à travers les œuvres de Benjamin Vautier et Claude Lévêque.

La fonction du bijou comme objet utilitaire est abordé dans ces œuvres de Dali et Avish Khebrehzadeh.D

Le déploiement d’une vision d’artiste quel que soit le support, cette fidélité au style de l’artiste déclinée du gigantesque au petit, se remarque dans ces œuvres de Georges Mathieu, Cocteau, Armand, César, Sonia Delaunay, Roy Lichtenstein, Jeff Koons comme chez Keith Haring.

Le lien avec la nature, car bien sûr toute œuvre requiert un matériau qui en est issu, est visible à travers Max Hernst ou Rebecca Horn.

L’humour transparait dans cette réinterprétation du déjeuner sur l’herbe d’Alain Jacquet.

Le militantisme, intrinsèque à la vision artistique, est l’objet de la bague-disque en faveur de la paix de Yoko Ono.

Après vous avoir faire suivre mon cheminement dans cette exposition  soutenue, notamment, par Pomellato, je vous invite maintenant à faire votre propre voyage. RDV au MAD

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