Triennale européenne du Bijou contemporain aux Ateliers de Paris

La Triennale du Bijou contemporain propose une vision sur le bijou dans son rapport au corps : le bijou se conçoit comme lié aux contingences humaines.

Il montre un corps malade, un corps que l’on nettoie, un corps objet de revendication sociétale ou un corps qui n’est plus…

Le bijou n’est alors ni accessoire, ni essentiel, il est témoin, il accompagne.

La question n’est pas de le concevoir portable mais seulement qu’il soit. Comme la raison de l’humanité est seulement d’être.

Agnieszka Knap exprime la maladie mentale dans cette broche.

Isabelle Carpentier, dans ses ex voto propose sa vision des organes malades portés sur soi.

 Le collier d’Isabelle Léourier pourrait être compris comme une constellation de micro gouttes de sang.

Monika Brugger porte en broche, comme une décoration, les attributs de sa féminité : le bijou est ici un manifeste.

Aussi dans cette exposition aux Ateliers de Paris, on ne trouvera pas de matières précieuses. Les commissaires Sofia Björkman pour la Suède (propriétaire et commissaire de la Galerie Platina à Stockholm), Françoise Vanderauwera pour la Belgique, Brune Boyer pour la France (bijoutier-plasticienne) ont privilégié les artistes qui manient de multiples matériaux et sont pluri-disciplinaires.

Le collier de morceaux de sucre Sébastien Vandekerckhove peut interpeller par la simplicité des matériaux utilisés de façon ambivalente comme un ornement ou évoquer la valeur historico-économique d’un matériau autrefois synonyme de luxe avant d’être conçu aujourd’hui comme un basique.

Marianne Anselin est connue pour son travail du métal qu’elle aime presque brut, elle le confronte ici à une perle raffinée pour une bague réversible comme une antinomie.

L’objet d’aspect brut proposé par Marine Dominiczak peut être considéré comme une sculpture, ornement de la maison, en le prenant en main, il devient miroir et permet de se parer.

La revendication écologique est également importante. Karin Royandersson forme ses broches par des morceaux de bidons de lessive réhabititée._

Marion Delarue invente un nouveau porté d’épaule pour des broches créées en marqueterie de plumes d’oiseaux de basse-cour.

Max Gielis travaille un fil de fer qui devient ostensoir en recèle d’autres matériaux : duvet, brindilles,….

Jorge Manilla Navarrete transforme le bois flotté en sautoir extra dimensionnel.

Sanna Svedestedt Carboo utilise le cuir de caribou pour ses créations.

La Triennale du Bijou contemporain a aussi la particularité de regrouper des artistes de 3 nationalités. L’exposition est à l’initiative de la Belgique sous l’égide du WCC-BF qui a choisit de l’ouvrir à 2 pays invités et la faire circuler dans ces 3 territoires. Cette initiative où la multiculturalité ajoute une ouverture de plus au bijou contemporain. A découvrir pour réfléchir.

La Triennale  européenne du Bijou contemporain

La Triennale aux ateliers de Paris

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