Frédéric Mané ré-impérialise l’alexandrite pour Rubeus

Selon la légende, Alexandre II aimait les rubis, passionnément. Mandaté, un joaillier, lui présenta une nouvelle pierre. Comme on ne choisit pas le moment de se présenter à l’Empereur, celui-ci ne vit que la couleur diurne : le vert. Le joaillier failli être décapité ! L’histoire, véridique ou pas, mais est-ce si important, finit bien. On dit encore que c’est le comte Lev Alekseevich Perovskii qui l’aurait baptisée “Alexandrite” pour l’offrir au futur tsar en l’honneur de sa majorité, cherchant ainsi à se ménager des faveurs futures.

Alexandre II
Alexandre II

Alexandrite : la pierre du Tsar

En réalité, c’est en 1789 que cette pierre color-change fut qualifiée par le géologue allemand Abraham Gottlob Werner et c’est bien en hommage à Alexandre II qu’on la nomma Alexandrite !

Abraham Gottlob Werner
Abraham Gottlob Werner, gemalt von Gerhard von Kügelgen, um 1815. Foto: Waltraud Rabich

Nataliya et Viktor Bondarenko fondateurs de Rubeus

Les plus belles gemmes viennent des mines de l’Oural aujourd’hui fermées, d’où l’extraordinaire rareté des parures réalisées par Frédéric Mané comprenant 47 alexandrites russes provenant de la collection de Nataliya et Viktor Bondarenko, collectionneurs, esthètes et créateurs de Rubeus

Nataliya et Viktor Bondarenko
Nataliya et Viktor Bondarenko

On trouve aujourd’hui des alexandrites au Brésil, au Sri Lanka, en Tanzanie, Madagascar, Zimbabwe, Inde et Birmanie mais la couleur des gemmes russes est inégalée : verte le jour, violette la nuit, rouge sous ultraviolet. Les raisons de cette magie : “c’est un chrysobéryl (normalement jaune-vert), avec du chrome (comme le rubis)”, explique le Dr Laurent Massi, expert gemmologue.  

La plus grande (et belle) Alexandrite au monde

A cette rareté d’approvisionnement s’ajoute celle du caratage : les pierres de plus de 5 carats sont exceptionnelles. Dans la parure impériale présentée par Rubeus l’alexandrite de centre pèse 69,37 carats ! Elle est encore plus importante que celle taillée en coussin carré de 65,08 carats en provenance du Sri Lanka et qui se trouve au musée Smithsonian, réputée jusque là la plus importante alexandrite au niveau mondial. Les pierres ont été certifiées naturelles et non traitées par le laboratoire Gübelin.

carte de la Russie et situation de l'Oural

Quand Nataliya et Victor Bondarenko ont choisi de partager leur amour pour cette pierre en créant une monture joaillière digne de cette merveille, ils ont voulu qu’elle ne soit pas destinée à la vente mais exposée dans les plus grands musées mondiaux. En connaisseurs d’objets d’exception c’est vers le savoir-faire joaillier français qu’ils se sont tournés : ils ont donné au designer haute joaillerie Frédéric Mané un blanc seing et formulé une seule exigence : 6 mois ! 

Rubeus choisit le savoir-faire joaillier français

Frédéric Mané croque, dessine, gouache avec fièvre et volupté, imagine 16 pièces d’exception qui signent un style toujours plus personnel et pointu depuis sa bague de désamour Boa Constrictor  : du VOLUME, un enchevêtrement de formes énergiques voire sauvages, une architecture audacieuse où les éléments se tiennent en équilibre magique, un défi à la technique joaillière chaque fois plus poussé, une harmonie finale dans une puissance assumée.

L’Orchestre Joaillier de Frédéric Mané

Il mobilise immédiatement son Orchestre Joaillier et crée un partenariat avec le sculpteur joaillier Jothi-Sèroj Ebroussard que l’on voit ci-après réaliser une maquette en bois afin de donner au collier le rendu de cristaux en croissance qui signe sa patte. S’adjoignent à cette aventure, les experts gemmologues le Dr Laurent Massi et Carlos Torres, Jacques Babando Communication et la jewellery insider Katerina Perez.

Voici donc les 2 parures qui ont nécessité plus de 5000 heures de travail et que j’ai eu la chance de pouvoir admirer aux Arts Décoratifs du Musée du Louvre.

Frédéric Mané, gouache parure Impérial, Musée du Louvre MAD

Impérial

Impérial est un jaillissement guerrier de lames cristallines. Une explosion minérale d’épées sculptées en cristal de roche avec fantômes parsemés de saphir verts et tanzanites, diamants et rose-cut diamants sur or blanc où l’alexandrite est enchâssée au coeur comme au creux d’un volcan. Le collier permet 6 transformations.

Imperial, par Frédéric Mané pour Rubeus

Eternal

Eternal s’adresse à la tsarine, les pétales givrés du centre s’ouvrent sur une alexandrite ovale comme un visage délicat et peuvent également se porter en broche, les pendants se changent en boucles d’oreille ou soulignent le décolleté du dos… les même matériaux pour une interprétation féminine et racée.

Eternal par Frédéric Mané pour Rubeus

Pour donner une idée du color-change :

D’autres expositions sont prévues à travers le monde, je vous souhaite d’y aller.

Bravo Frédéric !

Anne Desmarest de Jotemps, Il etait une fois le bijou avec Frédéric Mané

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