Mes 5 raisons de continuer à croire, soutenir et aimer le Bijorhca

A chaque fois que j’écris sur le Bijorhca mes lecteurs réagissent mais cette année sur les réseaux sociaux, les retours ont été virulents : il n’y a plus de joaillerie au Bijorhca, les grandes maison n’y sont plus,… Je pense que le Bijorhca tend la main à la création joaillière et voici mes 5 raisons de continuer à croire, soutenir et aimer le Bijorhca.

1 – Le Bijorhca tend la main à la création joaillière

Le salon a initié 2 concours car c’est évidemment par ce moyen que l’on peut découvrir et stimuler la jeune création joaillière. Il accompagne les nouveaux talents.

Bijorhca jewellery Awards

Le Bijorhca Jewellery Awards montrait la réalisation de sa Première lauréate Camille Diogo dont la création « L’Éclat d’eau » , fabriquée par les Ateliers Bermudes sous la direction de Dominique Muller, a été primé lors de l’édition 2018. (Rappelons que Le Diamond International Award, sous le mécénat de la De Beers ne fonctionnait pas autrement lorsque cette Maison détenait le monopole des diamants). Ce bijou d’oreille a été vendu aux enchères au profit de l’association La Ligue de Protection des Oiseaux. Pour l’édition 2019, les candidats travaillent sur la thématique de l’Eau.

Chall’Angel

Le concours Chall’Angel en collaboration avec la plateforme collaborative éponyme s’est inscrit dans le Bijorhca en janvier 2017. Sur le thème « Les bijoux modulables », 3 marques étaient sélectionnées : Persta, Escalda Design et 7Eclat ont pu s’exposer gracieusement. Je ne résiste pas au plaisir vous montrer les réalisations de Persta où les jumeaux Olivier (le joaillier) et Guilhem (le directeur artistique) ont réalisé spécialement la collection PII pour le salon.

J’ai pu ré-admirer au Bijorhca leur spectaculaire bague de haute joaillerie présentée en premier lieu sur Révélations avec une améthyste de centre exceptionnelle.

Alexandra David lance Mayrena

Elle est toute jeune, c’est sa première collection et son premier salon. Oui, le Bijorhca sert à accompagner les premières fois. Elle a créé ses premières pièces dans ses écuries (elle est normande, ça s’explique, il y a moins ce genre de locaux à Paris) et sous l’engouement s’est décidé à créer sa toute jeune marque Mayrena. Elle s’appelle Alexandra David et sa collection est époustouflante de maturité. Une pureté de ligne extraordinaire, des bagues réversibles, une collection cohérente avec une patte très affirmée dans la structure architecturale. Gageons que dans peu de temps elle pourra s’étendre vers la joaillerie.

2 – Le bijorhca est international et a une renommée internationale ancrée

Quand les pays veulent promouvoir leurs créateurs joailliers, ils les accompagnent dans leur exposition en France, et que choisissent-ils : le Bijorhca. !

Nazuma : la poésie florale aux gouttes de rosée diamantées

Minoru Mini, le créateur japonais de la marque Nazuma est revenu au salon et on se se lasse pas de la poésie de ses pièces délicatement ouvragées, au fini doux comme un satin, parsemées de diamants comme une rosée matinale dans un style si tendrement caractéristique.

Kinju Kobe : la perle sur origami

La marque aux perles Kinju Kobe est également de retour au salon et cette année nous propose un travail extraordinaire d’origami de métal précieux au fini brossé pour des pièces uniques à collectionner aux noms suggestifs de Trésor de la mer, grande Roue et Coeur japonais.

Camilla Pimenta : la couleur et les talismans du Brésil

Comme je suis convaincu qu’un bijou est bien plus qu’un simple objet décoratif, j’ai été charmé par les talismans de Camilla Pimenta : du sens, une facilité d’appropriation par les symboles proposés, une légèreté de style, et des couleurs !

3 – Le bijorhca accueille des artistes et les artisans : la R&D de la bijouterie

Oui, au Bijorhca, il n’y a pas que de la joaillerie, il y a aussi des artistes, des créateurs qui innovent, testent, imaginent : ils constituent la recherche et développement de ce secteur. En voici 2 exemples.

Max Debraine et ses bijoux magnétiques ou en matériaux détournés

L’artiste plasticien Max Debraine aime détourner des matériaux : des fragments de composants d’ordinateurs, de la galalithe, du bois. Il travaille également sur l’accès au bijou à travers des sytème de fermeture par aimants, du coup, les colliers s’ouvrent par devant !

Florence Buhler et le maillage de la Renaissance

Florence Buhler est une passionnée d’histoire, plus particulièrement elle est fascinée par la façon dont les perles étaient cousues sur les vêtement de la Renaissance donnant lieu à un maillage en losange très en vogue sur toutes les robes des têtes couronnées de l’époque. Elle a donc réinventé ce maillage dans des bijoux que sa marque Bijoux Évidence propose dans les musées.

4 – Le Bijorhca appuie la création joaillière et continue ainsi à assurer à la France une position dans la joaillerie

Le salon offre des workshop où les techniques joaillières sont démontrées : l’immense artiste Jean Boggio était présent pour les 2 cessions de 2019 avec son partenaire le Maître verrier Moulaye Niord qui lui réalise des joyaux verriers exceptionnels selon la technique de Murano. 

Leurs démonstrations de sculpture de cire et soufflage de verre étaient accompagnées par celles du polissage par l’atelier Bermudes, gouachage par l’Académie des Métiers d’Art, art lapidaire (taille et facettage) par l’atelier Piat, enfilage de perles par Geneviève Cailleteau de La Perle Rare, gravure par Thomas Brac de La Perrière, expert en gravure ornementale et designer spécialisé dans les métiers d’art, expertise de pierres par l’Institut National de la Gemmologie,  Ciselure et de reperçage au bocfil par l’Institut des Arts de la Bijouterie et la réalisation d’une bague unique dans les règles de la Joaillerie française par l’Atelier Bellonor. 

Les institutions de la joaillerie et les écoles sont partenaires : la chambre syndicale BOCI, l’Union de la Bijouterie Horlogerie, l’école Boulle, l’Atelier parisien d’Horlogerie, l’Atelier Emeraude, l’atelier l’Institut National de gemmologie, l’Académie des Métiers d’Art, l’Institut des Arts de la Bijouterie. Et Dieu sait comme elles sont difficiles à regrouper !

5 – Le Bijorhca n’a pas besoin que les grandes Maisons exposent et inversement

A Paris, les grandes Maisons s’exposent elles-même. Est-ce parce qu’elles n’ont plus besoin d’un salon pour être authentifiées ? Est-ce parce que leur ADN est tellement fort qu’elles ne peuvent acceptées de se retrouver ensemble dans un salon ? Après tout, la Place Vendôme est déjà leur super-marketplace de la joaillerie. Au fond peu importe, car ce choix est vrai pour toutes. Les grandes Maisons n’ont pas besoin du Bijorhca à Paris. c’est un fait mais est-ce dommageable ? Pas vraiment, aux yeux du monde elles incarnent la haute joaillerie française et c’est ce qui est important pour le rayonnement de la France.

Le Bijorhca a besoin que des joailliers s’exposent : des jeunes, des créateurs, des artistes. Ceux que les grandes Maisons viendront recruter. Mais aussi ceux qui deviendront en toute indépendance les Jar, Jean Vendome, Jean Boggio et Frédéric Mané de demain. Alors non, le Bijorhca n’a pas besoin que les grandes Maisons s’exposent. Mais peut être pourraient-elles être un peu partenaires, pour un concours…

Oui, j’ai connu le Bijorhca en 1991 et il a bien changé… Heureusement ! Sinon il n’aurait pas survécu ! Le bijou est le plus souvent considéré comme un accessoire de mode et le salon a suivi cette tendance. Aujourd’hui, où la personnalisation et l’authenticité sont des valeurs fortement demandées par le consommateur, le Bijorhca, sous l’égide de Marine Devos s’adapte. Il met l’accent sur une thématique (cette fois les bijoux transformables) et sa résistance dope la place de la joaillerie en France. Les créateurs que je vous ai présenté correspondent à mes goûts personnels, il y en avait bien d’autres ! Le retour vers la joaillerie ne se fait pas en un jour et le salon tend la main aux joailliers. Reste qu’il faut ré-habituer les clients de la joaillerie à venir chercher des idées, des concepts, des tendances et des bijoux ! Il reste si peu de salons joailliers en France et tous participent à ce que la France -et particulièrement Paris- reste LA place du savoir-faire joaillier. Il est temps d’arrêter de “tirer sur l’ambulance” et de participer tous ensemble à la continuité du rayonnement français en matière de joaillerie.

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