Fascinante bague poison

Le poison a toujours été utilisé de la Rome Antique à la Renaissance ou encore de Louis XIV aux espions modernes.

Et il a toujours fasciné, peut être parce que pendant longtemps on n’a pas su détecter les poisons avec la certitude précise de nos moyens modernes. C’est sûr qu’un macchabée à la langue noire était directement suspect. Mais nombre de poisons n’étaient pas détectables. De plus les moyens de l’époque ne faisaient pas de différence entre certaines morts dues aux empoisonnements naturels comme certaines maladies de la grossesse par exemple et les poisons.

bague poison antique

Le poison connut une période faste à la Renaissance, on connait tous les légendes d’empoisonneurs en Italie attachée à la famille Borgia. Rodrigo Borgia également connu sous son nom papal d’Alexandre VI, est mêlé avec son fils César Borgia à de nombreuses histoires d’empoisonnement. Par ailleurs, la mort du pape Alexandre VI reste mystérieuse. Il aurait pu succomber à un empoisonnement, en consommant par mégarde un vin empoisonné, préparé pour un autre que lui…

bague poison travail français
bague poison travail français

Les Borgia utilisaient toutes sortes de poisons : mercure, arsenic, aconit, if, jusquiame, phosphore, pavot, ciguë,… Le poison le plus célèbre était la Cantarella, ou « sucre de plomb » un mélange d’arsenic, de phosphore et d’acétate de plomb.

bague poison antique
bague poison antique

La bague à poison est de 2 formes. Soit elle comporte une cavité secrète qui contient le poison, le plus souvent en poudre ou en pilule. Et quelquefois la bague a même une petite clef pour l’ouvrir. Soit la bague à poison peut faire jaillir un aiguillon lorsque qu’on bascule le chaton. Le chaton d’une bague, c’est la partie supérieure centrale de la bague qui accueille la pierre précieuse on l’appelle aussi « tête de bague ». Donc on bascule le chaton, l’aiguille qui en sort est empoisonnée et se plante dans la nuque lors des embrassades ou pique la main lors du baisemain ou des salutations.

Bague-poison avec aiguillon mortel © The black book of buried secrets
Bague-poison avec aiguillon mortel © The black book of buried secrets

La bague à poison existe depuis très longtemps on raconte qu’en 183, Hannibal de Carthage s’empoisonna avec sa bague pour éviter d’être capturé. Et en 322 c’est Démosthène à Athènes qui utilise le poison de sa bague quand il est exilé par les Macédoniens parce qu’il pense être plus libre en étant mort qu’emprisonné mais vivant.

bague poison antique
bague poison antique

La bague poison la plus célèbre est celle de César Borgia. Sa bague en forme de têtes de lion cachait une pique mortelle. Quand il voulait se débarrasser de quelqu’un il tournait la bague de façon à ce que les lions soient dans sa paume, en faisait jaillir l’aiguille et serrait la main de celui qu’il voulait éliminer.

Les bagues à poison n’avaient pas toujours pour objet de tuer, quelque fois elles contenaient un philtre d’amour. On raconte que l’espionne Mata Hari mettait des aphrodisiaques dans ses bagues afin que ses cibles transportés d’amour lui révèlent tous leurs secrets.

bague à compartiment secret vers 1800
bague à compartiment secret vers 1800

Les fantasmes autour des bagues poison continuent d’alimenter notre imaginaire. De nombreux films au temps de la guerre froide mettent en scène un empoisonnement à la bague. Et si, plus récemment, vous avez lu le livre des Hunger Game, peut être vous souvenez-vous que Glimmer Belcourt se fait confisquer sa bague à aiguille empoisonnée avant son entrée dans l’arène !

bague poison victorienne
bague poison victorienne

Maintenant si vous voulez une bague à poison ancienne il faudra bien sûr traquer les salles de ventes. Attention, ces bijoux ont déjà une clientèle de collectionneurs passionnés qui sont habitués à les chercher surtout pour les modèles les plus anciens dont l’origine est certifiée et qui ont appartenu à une personne célèbre.

bague poison géorgienne
bague poison géorgienne

Si vous souhaitez un modèle actuel en argent, celui avec la cavité secrète vous les trouverez très facilement. Par exemple, la boutique La Mandragore a de jolis modèles, souvent avec un grenat en tête de bague, mais si vous souhaitez une autre pierre ils vous en proposent un certains nombre. Vous en trouverez aussi sur Etsy. Faites bien attention au système de fermeture, c’est quand même plus joli s’il ne se voit pas.

bague poison victorienne
bague poison victorienne

Pour un modèle joaillier, il y a aussi le choix.

Solange Azugary-Partridge bague poison
Solange Azugary-Partridge bague poison

En 2001, la créatrice Solange Azugary-Partridge arrive chez Boucheron elle va créer des modèles que les collectionneurs s’arrachent dont la bague à secret en or blanc avec 270 rubis ronds. C’est une bague très simple avec une demi sphère posée sur l’anneau et dont le couvercle plat glisse sur lui-même sans aucun système de fermeture apparent.

Solange Azagury-Partridge pour Boucheron
Solange Azagury-Partridge pour Boucheron

En 2007, elle s’est établie à son compte et crée la « Smartie Poison » dont le couvercle bombé s’ouvre comme une boite. Elle la décline, en rubis, diamant, émeraude sur or blanc, jaune ou noir.

En 2019, Stephen-Webster a créé sa bague poison version blanche-neige où de jolies mains en or rose et diamants blancs soutiennent une pomme rouge ou verte c’est-à-dire en en version rubis ou tsavorite, la Poison Apple Ring.

voici une autre bague poison de Stephen Webster avec un grenat.

stephen Webster bague poison grenat

Pour entendre cette histoire, voici le podcast :

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