#5 Les Joyaux de la Couronne de France

By Anne Desmarest de Jotemps
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C’est François 1er qui en 1530, décide de la création d’un trésor inaliénable aux successeurs de la couronne.

François 1er
François 1er

Pourquoi ? D’abord souvenons nous que la carte bleue et les paiements virtuels n’existaient pas. Aussi les pierres précieuses constituaient un moyen de paiement facilement transportable et beaucoup moins lourd que l’or. En 1525, François 1er avait été fait prisonnier à la bataille de Pavie et avait racheté sa liberté en payant sa rançon avec ses joyaux. Il en a retenu la leçon. Dans son esprit les joyaux de la Couronne constituent une réserve financière qui peut être mis en gage pour garantir les emprunts du royaume et comme ils sont déclarés inaliénables, ils ne peuvent être perdus que si le royaume ne pouvait rembourser son emprunt. Par ailleurs de façon plus prosaïque, les reines et les maitresses du roi (et il en eu beaucoup et ne fut pas le seul) aiment les joyaux. Ceux de la couronne restent à la couronne, les reines peuvent s’en parer, changer les montures, mais ils ne leur appartiennent pas.

Ces joyaux de la couronne sont aussi appelés « diamants de la couronne », mais ça ne veut pas dire que ce sont tous des diamants. Car l’appellation « diamant » désignait à cette époque les plus beaux joyaux de façon générale.

Le premier inventaire des « diamants de la couronne » le 15 juin 1530 se composent de 8 pierres colorées. 3 semaines avant d’épouser Eléonore d’Autriche, François 1er les prend dans les parures de sa 1e femme Claude de France. Elle les avait reçu de sa mère Anne de Bretagne, qui les tenait également de sa mère Marguerite de Foix.

Claude de France
Claude de France

Le seul gemme qui nous reste de cette époque est le spinelle appelé le « Cote de Bretagne », une gemme « rubis balai » de 212 carats que Louis XV fera retaillé en dragon par Jacques Guay pour sertir au centre de la « Toison d’or de la parure de couleur ».

le Cote de Bretagne
le Cote de Bretagne

Louis XIV, grand amateur de diamants, apportera le célèbre le Bleu de France. Puis les 18 diamants que Mazarin lui lègue à sa mort. Parmi ceux-ci le magnifique Sancy.

le Bleu de France
le Bleu de France

A la révolution, en mai et juin 1791, l’Assemblée nationale constituante décide de faire dresser l’inventaire des diamants et pierreries de la Couronne. L’inventaire compte 9 547 diamants, 506 perles, 230 rubis et spinelles, 71 topazes, 150 émeraudes, 35 saphirs et 19 pierres. Le prix des joyaux est estimé à 23 922 97 livres. Le Régent est estimé à 12 millions, le Bleu de France à 3 millions, et le Sancy à 1 million.

le Beau Sancy

Bizarrement, on conserve ce trésor à l’Hôtel du Garde-meuble de la Couronne (qui est maintenant c’est l’Hôtel de la Marine place de la Concorde). Et on le garde mal. Et entre le 11 et le 17 septembre 1792, le trésor est volé. Après 2 ans de recherche on finira par retrouver 17 millions de joyaux dont le Régent, le Sancy et la plupart des Mazarins.

Le Directoire décide de vendre certaines pierres et ce sera Napoléon qui réussira à en faire racheter certaines comme le Régent puis reconstituera cette collection (en ajoutant par exemple le fameux diamant rose « Hortensia »).

l'Hortensia
L’Hortensia

Après Napoléon, les Bourbons reviennent au pouvoir et ramènent en France certains joyaux. Par exemple le Côte-de-Bretagne sera récupéré par Louis XVIII vers 1796 et retournera aux joyaux de la Couronne. L’inventaire de 1823 estime les joyaux de la couronne à 20 319 229 59 francs.

le Régent
Le Régent

De 1882 à 1887, le gouvernement discute de l’aliénation ou de la vente des Joyaux de la Couronne. Finalement une vente aux enchères aura lieu le 13 mai 1887 sous la IIIe République et rapporte 6 864 050 francs. Le Régent reste au Louvre, une partie va à l’Ecole des Mines de Paris. Aujourd’hui le Muséum d’histoire naturelle expose aussi de très belles gemmes de cette collection.

Dès le début de la 1e guerre mondiale les diamants de la couronne sont mis à l’abri : , emporte dans une sacoche de cuir les joyaux de la Couronne dès septembre 1914, direction Bordeaux.

Albert Dalimier
le sous-secrétaire d’État aux Beaux-Arts, Albert Dalimier

Depuis 1988, Le Louvre et la Société des Amis du Louvre rachète ces bijoux quand ils réapparaissent. Ainsi la couronne, le diadème de perles et le grand de nœud de corsage de l’impératrice Eugénie ont retrouvé leur place dans les collections françaises.

diadème de perle d'Eugénie
diadème de perles d’Eugénie

Depuis janvier 2020, avec la rénovation de la Galerie d’Appollon, les Joyaux de la couronne bénéficient d’un nouvel écrin à leur mesure.

couronne d'Eugénie
couronne d’Eugénie

Ce sont 23 pièces historiques ainsi que leurs écrins qui sont magnifiquement exposées. Allez, on se donner rdv pour aller les admirer !

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