Le mystère de la Chambre d’Ambre

L’ambre est une oléorésine sécrétée par des conifères il y a des millions d’années et qui s’est fossilisée.

Depuis la préhistoire, l’ambre est utilisée comme bijou et objet d’art. On en trouve des fragments dès l’Aurignacien ancien, des restes de parure au Solutréen ou des perles au Magdalénien.

Tous les peuples ont aimé l’ambre.

Les légendes latines dédient l’ambre à Apollon, car l’ambre réchauffe le cœur et transmet l’énergie solaire. Un anneau d’ambre, porté en permanence par un homme, permettrait de garder confiance en sa virilité.

ambre incluse

Les Chinois sculptaient dans l’ambre de petits animaux qui étaient censés favoriser la fécondité. Un anneau de poignet porté par une femme et provoquant des rougeurs, indiquerait que cette dernière est adultère.

Selon le poète Ovide, lorsque les Héliades, filles d’Hélios furent métamorphosées en aulnes et en peupliers, elles continuèrent de pleurer la mort de leur frère, Phaéton. Leur mère tenta de les sauver et commença à arracher les écorces qui recouvraient leurs corps, alors elles la supplièrent : « Pitié ma mère ! C’est notre corps qui, avec l’arbre est déchiré. Et maintenant adieu ! L’écorce vient étouffer leurs dernières paroles. Il en coule des pleurs qui goutte à goutte se solidifient en ambre».

Les légendes Slaves associent l’ambre aux larmes pétrifiées des dieux. Il servait de talisman de protection, en particulier contre les enlèvements d’enfants et symbolisait aussi le lien éternel du mariage.

Aujourd’hui on met encore des colliers d’ambre au cou des jeunes enfants pour les protéger. Et les noces d’ambre symbolisent les 34 ans de mariage dans la tradition française. Il est parfois dit que « l’ambre porte en lui la mémoire ».

Et la Chambre d’ambre alors !?

la chambre d'ambre

On dit que c’est Sophie Charlotte, l’épouse du roi Frédéric 1er, qui en aurait émis l’idée. Le roi, enthousiaste aurait chargé l’architecte et sculpteur allemand Andreas Schlüter ainsi que l’artisan d’ambre danois Gottfried Wolfram de la construire. Puis en 1707 le projet aurait été confié à Gottfried Turau et Ernst Schacht, des artisans d’ambre.

La construction de la Chambre d’ambre demandera plus de 10 ans de travail pour s’achever en 1713.

A ce moment Frédéric 1er est mort et c’est son fils Frédéric-Guillaume Ier de Prusse qui le termine malgré une interruption de 3 ans.

Cette chambre est alors considérée comme la 8ème merveille du monde.

détail de la chambre d'ambre

En 1716, à l’occasion d’une visite officielle en Prusse, le Tsar Pierre Ier est fasciné par la Chambre d’ambre. Il la veut et se la fait offrir comme un cadeau d’alliance politique entre la Prusse et la Russie contre la Suède. En échange, il aurait offert cinq douzaines de soldats russes de deux mètres de haut car Frédéric-Guillaume Ier avait une armée de «langen Kerle»  composée uniquement de très grands soldats. En fait Frédéric-Guillaume Ier de Prusse ne pouvait refuser de céder la Chambre d’ambre s’il voulait s’associer avec la Russie, éviter une conquête et une annexion. Du coup les panneaux de la chambre d’ambre sont détachés des murs, emballés et expédiés dans des coffres au Palais d’Hiver de Russie, puis déménagés dans le Palais d’été où on les oublie.

C’est en 1755 que la tsarine Elizabeth les installe au Palais Catherine à Tsarskoïe Selo, l’actuelle ville de Pouchkine. Et c’est Catherine II qui termine l’installation en 1770. La Chambre d’Ambre dernière version comprend en plus des originaux, des panneaux d’ambre en remplacement de certains panneaux peints et des mosaïques florentines garnies de pierres précieuses pour un total de six tonnes d’ambre fossile, extrait des rivages prussiens de la Baltique.

On dit qu’éclairée par les 565 bougies qui parsèment la pièce, la Chambre d’ambre éclaire de mille feux et prend littéralement vie. Les historiens et joailliers débattent toujours de la valeur de la Chambre d’ambre : de 142 à plus de 500 millions d’euros suivant le cours de l’ambre et la valeur historique et artistique estimée. Mais la plupart des experts s’accordent à dire qu’elle est inestimable.

En 1941, lors de la Deuxième Guerre mondiale, les troupes allemandes prirent le palais de Tsarskoïe Selo. La plupart des œuvres contenues dans la Chambre d’ambre avaient été cachées mais la Chambre d’Ambre en elle-même ne pouvait être déplacée. On dit qu’elle avait été peinte ou recouverte de papier peint. Bon, les Allemands la trouve et sur ordre d’Hitler elle est démontée en 36 heures, mise en caisses, transportée, et même exposée en partie à Königsberg jusqu’en en 1943. En 1945, le château de Königsberg tombe sous des raids aériens. On ignore toujours si la chambre était encore dans le château lorsqu’il a été bombardé et brûlé.

Définitivement, La Chambre d’ambre a disparu.

On a retrouvé en 1997 en Allemagne, une commode et une mosaïque de pierre qui ont été rendu à la Russie par le gouvernement fédéral allemand. Mais la Chambre demeure introuvable et reste une énigme qui excite l’imagination et les aventuriers.

détail de la chambre d'ambre

En 1976, une reconstitution a été entreprise en s’inspirant de photos en noir et blanc de l’original, ainsi que de la seule photo en couleur disponible. Après une interruption due à des problèmes de financement, les travaux ont été achevés grâce à un don de 3,5 millions de dollars de l’entreprise allemande de Ruhrgas AG.

Le 31 mai 2003, lors d’une cérémonie inaugurale présidée par le chancelier fédéral allemand Gerhard Schröder et le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, à l’occasion des 300 ans de la ville de Saint Pétersbourg, la Chambre d’ambre reconstituée a été ouverte au public et elle est visible au Tsarskoye Selo State Museum Preserve, un complexe historique situé en dehors de la ville de Saint-Pétersbourg.

Mais la Chambre d’ambre continuera longtemps, ou jusqu’à ce qu’elle soit retrouvée à alimenter les fantasmes et encourager les créations.

Lydia Courteille s’est inspirée de la chambre d’ambre pour sa dernière collection. Gemmologue, antiquaire, spécialiste du bijou ancien, Lydia Courteille est aussi une créatrice dont les bijoux sont immédiatement reconnaissables. Elle s’inspire de façon éclectique des bijoux de sentiments du XVIIIe, des cabinets de curiosité, de l’art déco, des mémento mori ou des matériaux insolites.

girandole Lydia courteille

Chacune de ses créations, unique et souvent très imposante relève d’une extravagance affirmée qui s’allie à une générosité des formes de la pièce comme de la gemme et d’une maitrise absolu du sens de la provocation.

bague Ange lydia courteille

Inspirée par l’éclat chaleureux des murs du salon d’ambre elle a choisi comme gemmes des citrines, des saphirs jaunes, des grenats hessonites, des calcédoines et aussi des opales qu’elle adore et utilisent souvent dans ses créations.

collier Micromosaïque Lydia Courteille

Sa collection se compose d’une bague Ange, d’un collier Micromosaïque et de girandoles. Pour vous donnez une idée de l’opulence de ces créations, le collier comprend 618 saphirs, 46 citrines, 18 grenats et 10 calcédoines, 2 opales et 1 jaspre rouge.

si vous préférez entendre cette histoire la voici en podcast :

Cet article a 1 commentaire

  1. Bonjour Anne, merci pour ces « billets » que j’ai le plus grand plaisir à lire.
    bien a vous.
    isabelle

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